Une définition
Le mot introspection provient du mot « introspectus », d’origine latine, signifiant « regarder à l’intérieur de soi ». L’introspection désigne une méthode d’observation et d’analyse de soi, pour s’étudier soi-même. Cela permet d’acquérir une connaissance de soi, ou de connaître davantage l’esprit humain. Lors d’une introspection, nous sommes attentifs à ce qui se passe à l’intérieur de nous, c’est-à-dire à nos sensations, nos pensées, qui nous sommes.
Pour le psychothérapeute Paul Diel, l’introspection est « une fonction naturelle et innée dont la finalité est d’assurer la régulation de la vie intérieure ». D’où la célèbre phrase « Connais-toi toi-même » de Socrate.
Quels sont les bienfaits de l’introspection ?
L’introspection est nécessaire pour notre bonheur. Elle permet en effet de se connaître soi-même, de connaître ses besoins, d’apprendre à s’accepter tel que nous sommes.
Elle participe également à notre bonheur en nous aidant à mieux vivre avec les autres. En étant davantage connecté à nos émotions, l’introspection nous permet entre autres de mieux réagir face aux autres, d’anticiper et de comprendre certaines de leurs réactions. Le sociologue et philosophe Edgard Morin écrivait à ce sujet : « la pratique mentale de l’auto-examen permanent de soi est nécessaire, car la compréhension de nos propres faiblesses ou insécurités aide à la compréhension de celles d’autrui. En découvrant que nous sommes tous faillibles, fragiles, avec nos propres peurs, alors nous comprendrons que nous avons tous un besoin de compréhension.» Le fait de regarder et comprendre nos émotions nous apportera davantage d’empathie envers autrui et les émotions que chacun de nous peut ressentir.
L’introspection comporte d’autres bienfaits, tels que la confiance en soi. En se connaissant davantage, en ayant conscience de nos forces, faiblesses, limites et attentes, nous pouvons nous sentir moins vulnérables.
Grâce à l’introspection, nous pouvons aussi être plus authentiques. Puisque nous sommes connectés à nos émotions et nos valeurs, nous pouvons ainsi savoir lorsque nous nous éloignons de notre « idéal », pour ensuite y revenir progressivement.
L’introspection participe à l’apprentissage et à la compréhension de notre passé. En regardant les émotions que nous avons pu ressentir, nous pouvons alors mieux comprendre notre manière de réagir face à une situation. Cela permet de tirer des leçons et d’évoluer.
Comment faire une introspection ?
L’introspection est une action naturelle et automatique, que chacun de nous fait de manière plus ou moins consciente. Il existe de nombreuses techniques si nous souhaitons réaliser une introspection plus poussée .
Commençons dans un premier temps par l’introspection dite « spontanée ». Il s’agit d’une introspection effectuée par l’individu lui-même, en autonomie et sans protocole précis. Nous pouvons par exemple pratiquer la méditation qui permet l’intériorisation, en centrant notre attention vers nous-même. En méditant nous prenons conscience de nos émotions et de nos états. Il est également possible de réserver un moment chaque jour pour pratiquer l’introspection. Le fait de boire un thé ou un café, ou encore d’aller marcher seul.e permet de se retrouver avec soi-même, de regarder nos émotions face aux événements qui se sont produits.
Dans un second temps nous pouvons pratiquer l’introspection dite « provoquée ». Ici l’individu est guidé par une tierce personne, un professionnel qui a pour objectif de l’accompagner dans son observation et sa réflexion. Cette introspection permet d’aller loin, surtout lorsque nous utilisons des outils tels que l’hypnose ou encore la sophro-analyse, une méthode de psychothérapie alliant la sophrologie et la psychothérapie. De plus, l’expertise apportée par le professionnel est un avantage considérable. Celui-ci nous guidera de manière judicieuse et il nous permettra de prendre un certain recul, puisqu’il porte un regard extérieur et objectif.
Quand commencer l’introspection ?
Il n’y a pas d’âge idéal auquel commencer l’introspection. L’essentiel est d’en avoir envie, d’en ressentir le besoin et d’y voir des bénéfices.
Les limites de l’introspection.
L’introspection présente de nombreux bienfaits pour les pratiquants, mais elle comporte aussi ses limites.
La principale limite réside dans le fait que l’introspection attend que les individus soient aptes à reconnaître, exprimer et nommer leurs émotions. Pourtant, environ 10 % de la population générale est concernée par l’alexithymie, un trouble de la régulation émotionnelle qui rend l’expression de ses émotions très compliquée.
L’introspection spontanée implique que le sujet doit être à la fois acteur, observateur et analyste de son expérience d’introspection. Le sujet ne pourra alors pas toujours être objectif, d’où la complexité de l’exercice.
L’introspection provoquée, quant à elle, peut être compliquée puisqu’elle implique une tierce personne. Nous pouvons être freinés par le fait de devoir se livrer face à un professionnel. Le manque de confiance en cette personne inconnue représente une vraie difficulté pour certains. Par ailleurs, bien que le professionnel reste neutre, le facteur humain reste toujours présent. Nous serons donc face à la subjectivité de ce thérapeute.






